04les grandes invasions

IV Les grandes invasions

Peuples barbares.

Presque tous les nom des peuples barbares qui envahirent la Gaule du IIIe au Ve s. se lisent dans la région Centre. Toutes les localités dont les noms rappellent ces peuples se trouvent sur ou près les routes les plus fréquentées. Ces lieux-dits furent donc à l’origine des colonies agricoles et des cantonnements de troupes auxiliaires chargés, à la fin de l’Empire, de la garde de ces voies. Ces cantonnements peuvent se situer en léger retrait de ces routes, car ils avaient le double rôle de poste militaire et d’exploitation agricole ; le choix de leur implantation obéissait donc à une double caractéristique : fertilité du sol et accès facile à la voie pour sa défense. Ainsi, lorsque 2 voies étaient proche l’une de l’autre, il suffisait d’un cantonnement militaire.

Ces toponymes rappellent des colonies agricoles et militaires des Barbares appelés Laeti, auxquels les empereurs romains concédèrent des terres en échange de services militaires et devraient permettre de reconstituer le réseau routier de la Gaule impériale. Ces établissements peuvent dater des IVe et Ve s. et se situent sur ou près de voies antiques.

Peuples étrangers.

Quelques colonies d’étrangers s’établirent dès le Ve s. dans les villes et dans les campagnes ligériennes.

Francique.

Langue indo-européenne disparue, de la famille du germanique occidental, parlée par les Francs, dont la France et le français rappellent le nom et l’origine. Cette langue est connue grâce aux toponymes et aux anthroponymes de l’Histoire des Francs que Grégoire de Tours rédigea en latin gallo-romain entre 575 et 590.
Contrairement aux Gaulois, les Francs semblent avoir conservé leurs coutumes et leur langue, mais assimilèrent parfaitement le gallo-romain ; l’affaiblissement puis la disparition de l’Empire de Rome avait d’ailleurs permis des influences réciproques : à partir du Ve s., le francique s’introduisait sur l’aire du gallo-romain, sans s’y substituer, en y laissant des traces syntaxiques, morphologiques, phonétiques et lexicales.

La séparation linguistique de la Gallia romania, zones d’oc et d’oïl, existait bien avant l’arrivée des Francs, mais elle fut renforcée par la ligne de contact des zones d’influence franque au Nord et wisigothique au Sud, la Loire faisant la ligne de démarcation, à partir de la fin du IXe s.
En phonétique, 3 apports du francique sont de 1re importance. Diffusion de la diphtongue de la voyelle a en syllabe libre est en rapport avec les zones d’influence des Francs dans le Nord des Gaules. Rétablissement du h aspiré, disparu du latin : haya : aix et haie. Intégration de la consonne bilabiale w, souvent articulée gw > g ou w, au début du mot : bas latin wirchiae, francique werki, avec le suffixe à valeur collective ia, guerche.

En syntaxe, l’antéposition de l’adjectif est particulièrement frappante dans les noms de lieux. Ex : Neuville, de l’époque germanique et Villeneuve de l’époque romane ; Castelnau au Sud de la Loire et Neufchâteau au Nord, alors que le gallo-romain produit presque toujours châteauneuf.

Au niveau du lexique, sans doute le domaine le plus intéressant et le plus riche, les emprunts se firent sur 3 niveaux. Au 1er, entre la Picardie et la Lorraine, certains emprunts lexicaux remontent à la 1re vague d’invasion ou de colonisation, Ve s. Au 2e niveau, entre cette région et la Loire, témoignent d’une forte colonisation à l’époque mérovingienne ; la Région Centre y est entièrement intéressée. Au 3e niveau, par l’intermédiaire du latin carolingien, le francique pénètre dans la région Sud de la Loire ou langue d’oc. Ce sont pour la plupart des emprunts inter-romans, qui se trouvent dans d’autres langues romanes ; ils touchent l’administration ou le domaine : baron, maréchal, sénéchal ; la vie agricole, la végétation, les sentiments ou les couleurs : hêtre remplace fou, latin fagus, par exemple.

Le principal domaine où le francique semble absent est celui de l’artisanat et du commerce, secteurs où, sans doute, les gallo-romains conservèrent leur supériorité, et celui de la religion, par suite de l’influence du clergé catholique, l’arianisme était sans doute passé par là.
Si la frontière linguistique en Berry, entre langues d’oc et d’oïl, est indépendante du francique, celui-ci dut bien la favoriser.

Suffixe.

Ingen.
Suffixe germanique romanisé en ingos, m. pl., qui aboutit à engs, ens, ans et qui signifie : les (champs, terres) de telle personne, propriétaire ou tenancier primitif.
Suffixe germanique ing indiquant l’auteur de l’action. Ex : boulanger.

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