01homme des pierres

dictionnaire topographique

centre val de loire

Ce volume

a été achevé d’imprimer en mai 1998

sur les presses

de l’imprimerie Coloradoc

à Dijon

Cette première édition

comprend 500 exemplaires

ISBN : 2-908404-39-X

Édition revue et corrigée. Denis Jeanson éditeur, Rampeau, 42110 Poncins, 2000

 

Abréviations

18 : département du Cher.

28 : département d’Eure-et-Loir.

36 : département de l’Indre.

37 : département d’Indre-et-Loire.

41 : département de Loir-et-Cher.

45 : département du Loiret.

A.C. : archives communales.

A.D. : archives départementales.

A.N. : archives nationales.

B.M. : bibliothèque municipale.

B.N. : bibliothèque nationale de France.

S.H.A. : Service Historique des Armées.

adj : adjectif

f : féminin

  1. : masculin.

Ms : manuscrit.

  1. : nom.

FEW : Walther von Wartburg, Französisches Etymologisches Wörterbuch, Leipzig, Tübingen, Bâle, 1922-1987.

 

Ordre de classement.

Classement alphabétique par nom.

L'adjectif saint est pris en compte lorsqu'il précède un nom de personn.

Les voies urbaines se trouvent sous leur nom propre.

Ex. : avenue, boulevard, cul-de-sac, impasse, passage, place, rue Jean-Jaurès se trouve classé à Jean-Jaurès.

Les voies rurales et urbaines se trouvent sous le nom de la voie.

Ex. : allée, chemin, cour, cours, promenade, route, sentier Jean-Jaurès se trouve classé à allée Jean-Jaurès, chemin Jean-Jaurès, etc.

 

Introduction

La toponymie a pour origine l’homme et sa démographie. Moins parce que l’homme donna son nom aux lieux qu’il habitait ou qu’il cultivait, que, parce que, installé sur tel lieu, il en modifia le paysage à sa convenance et eut toujours besoin de le désigner, pour le reconnaître et pour le faire reconnaître, soit comme propriétaire, soit comme exploitant. Sur un territoire donné, les mouvements de population se lisent donc à un double niveau :

- les différentes couches de toponymes dévoilent en partie ses types d’occupation historique : chasse, agriculture, viticulture, habitat groupé et isolé.

- la densité des toponymes est presque toujours proportionnelle à celle de la population.

Du nom obscur d’origine gauloise au nom de voie publique du XXIe s., la création des toponymes obéit donc à ces constantes :

Substantif employé dans la langue courante. La berge, la fontaine, la vallée.

Ancien nom de lieu réutilisé. Montlouis : composé du latin classique Mons et du bas latin Laudiacus : gentilice Laudius et suffixe acus. La hauteur du domaine appelé Laudiacus. Rue de la Borde.

Nom de personne utilisé pour le célébrer ou pour indiquer sa propriété. Laudiacus : la propriété de Laudius. Rue du Général de Gaulle.

Nom rappelant un fait, un exploit ou une idée que l’homme souhaite célébrer : Allonnes, divinité gauloise. Rue de la Liberté.

I L’homme des Pierres.

Les alignements, les cromlechs, les dolmens, les menhirs et les polissoirs ont tous des noms postérieurs au Xe s. et l’étude de leur nom semble négligeable. L’intérêt est ailleurs.

Leur répartition permet de comprendre la continuité entre les habitats préhistorique et historique. Ils se situent surtout près ou dans une vallée où s’écoule une rivière, et près d’un chemin qui reliait 2 vallées, qu’ils se trouvent près d’un habitat que la fouille archéologique mit à jours ou qu’ils en semblent éloigner dans l’état actuel des recherches archéologiques. Leur site suppose une relation contraignante avec l’habitat néolithique stable d’agriculteur et d’éleveur qui les érigea. Quelque soit leur finalité : chambre funéraire pour les uns, simple borne séparant des territoires pour les autres, ces mégalithes obéissent à une constante : l’habitat le plus ancien s’implante dans le site le plus favorable et l’habitat le plus récent dans le site le moins favorable ; l’habitat le plus instable disparaît toujours le 1er. L’implantation de l’habitat obéit donc à la loi du 1er entré et du dernier sorti, dite loi d’emboîtage. Disparu ou toujours en place, leur inventaire est donc capital pour connaître la 1re implantation stable connue de l’homme en Région Centre.

Si les lieux habités les plus anciens sont à rechercher près de leur implantation, les noms de lieux les plus anciens sont à rechercher dans les lieux les moins habités, les moins sujets aux vagues successives des invasions humaines. La contradiction semble évidente. Et pourtant. Ce phénomène est toujours d’actualité : le changement de nom des voies urbaines par les municipalités successives. Plus le site occupe une position favorable à l’activité humaine, plus il change de nom ; plus le site occupe une position défavorable, plus il conserve son nom.

 

Racines préceltiques.

Quand les Gaulois, venus de l’Est, s’installèrent dans les Gaules telles qu’elles apparaissent au 1er s. avant Jésus-Christ, ils le firent par vagues successives à partir du Xe s. avant Jésus-Christ et soumirent ou chassèrent des populations qui les précédèrent. Par simplisme, celles-ci reçurent le nom de préceltique, mais quelle langue parlaient-elles ? Les Gaulois ou Celtes faisaient partie du groupe linguistique, sinon ethnique, des aryens ou indo-européens, qui comprenait entre autre : le grec, le latin, des langues germaniques, italiotes, slaves, du sanscrit, etc. La parenté entre ces langues et celles parlées au XXe s. peut s’établir grâce à la philologie comparée ; d’où la recherche de la signification des racines.

Depuis longtemps, les linguistes ont constatés que certains noms de cours d’eau, de montagne, de lieux, en Europe romanisée sont sans correspondant en latin et en gaulois. Ce qui reste certain pour le latin et le germain puisque ces langues sont assez bien connues, l’est beaucoup moins pour le gaulois qui reste le refuge créatif des linguistes lorsque le nom a un sens incertain, voire inconnu. Le mot est donc dit préceltique lorsque sa racine est attestée, avec le même sens, ou un sens voisin, à titre de substrat, dans une langue vivante parlée ou écrite sur un territoire où le gaulois devait être inconnu, comme en Corse, en Afrique du Nord, en Espagne. Les racines préceltiques se déduisent donc des noms indo-européens qui subsistent dans les langues germaniques, romanes et slaves existantes. Leur sens reste cependant aléatoire.

 

Hydronyme.

 

Ab. Cours d’eau. Nom qui paraît indo-européen.

Alb. Nom à rapprocher du latin albus = blanc ou alveus = cavité, lit de rivière ; la désinence a paraît tardive.

Alis. Nom à rapprocher du grec et du latin alisma = plantain d’eau.

Alt. Eau.

Angr. Nom traité comme agnr, anr, andr, à rapprocher de l’allemand Anger = pacage, pâturage, pelouse.

Avara. Cours d’eau. Hydronyme préceltique qui paraît résulter de la fusion de 2 hydronymes préceltiques : ab + ar, avec le suffixe a, et avoir l’accent tonique sur le 1er a.

Arva. Cours d’eau. Ce nom qui paraît résulter de la fusion de 2 hydronymes préceltiques : ar + ab, avec le suffixe a ; Arava passe à Arvra par métathèse, puis à Avre.

Atur. Cours d’eau. Nom accentué d’abord sur la 1re syllabe, atur, + suffixe latin a, qui devient normalement Erra, mais qui passe vers le XIVe s. à Yerre, par attraction de hedera qui aboutit régulièrement à (l)ierre.

Autura. Cours d’eau. Ce nom paraît résulter de la fusion de 2 hydronymes préceltiques : ab + atur + féminin latin a ; l’accent est sur la 1re syllabe.

Berr. Cours d’eau. Hydronyme préceltique qui dépend peut-être de la racine bher = bouillonner.

Bol. Cours d’eau.

Bor. Cours d’eau.

Car ou Kar. Gros gravier dans le lit d’un cours d’eau.

Caranto = sable.

Cona. Cours d’eau.

Cosa. Cours d’eau.

Dora. Cours d’eau.

Ir. Cours d’eau.

Liger. Nom d’origine et de sens inconnus.

Mosa. Mouillé, ruisseler.

Olib. Nom d’origine et de sens inconnus.

Rod. Humidité, couler.

Salera. Nom à rattacher à la racine indo-européenne sal = sel.

Tar. Hydronyme préceltique.

Vig. Hydronyme préceltique.

 

Nom commun.

 

Calm. Friche.

Car. Pierre.

Clodium. Paille pour couvrir les toits

Mot. Levée de terre, tertre isolé, emplacement élevé où l’on a bâti un château.

Roch. Rocher, château fort.

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